L'arbre et la plume: symbole du Salon

Nous avons le plaisir de vous présenter ci-dessous une nouvelle version du symbole du Salon International de l'Écriture qui a été créé par Daniel Guggenheim, étudiant à l'EPFL. Le modèle d'origine, à partir duquel a été conçu celui-ci, avait été imaginé par Michel Ackermann, vice-président de SylMa. C'est l'occasion pour nous de revenir sur la signification de cette symbolique et de partager quelques réflexions autour de l'arbre et de la plume.

L'arbre de l'écriture

Pendant des dizaines de millénaires, l'homme s'est passé de l'écriture et pourtant à présent, nous aurions peine à nous imaginer vivre sans elle.

Les premières traces d'écriture sont apparues il n'y a que quelques milliers d'années dans des civilisations telles que le Proche-Orient, la Chine et la Méso-Amérique (1). De ces quelques graines d'écriture balbutiantes semées ici et là, ont poussé des racines qui ont donné naissance à des tiges fragiles, devenues buissons, puis arbre au tronc solide.

Cette découverte d'une nouvelle forme de transmission de la pensée, des savoirs et des modes de vie a changé la vie des hommes. L'écriture est devenue mémoire et pendant longtemps, avant d'être démocratisée, elle est restée un trésor, réservé à quelques privilégiés.

Les rameaux des débuts des écritures ont grandi.

Cet arbre tend à présent ses branches démultipliées vers le ciel, comme des mains qui cherchent à récrire l'univers de milliers de façons différentes. A l'image de toutes ces écritures qui ont germé dans le monde et qui se sont diversifiées, qui ont évolué au cours du temps... Des écritures passées dont personne n'a encore percé le secret, des écritures éphémères, passées puis disparues, de celles qui ressurgissent, qui se redécouvrent, et la multitude présente, reflet d'une population, et celles encore futures et à venir...  

L'écriture au travers de ses facettes diversifiées nous transmet un héritage des hommes du passé et la nôtre se transmet jour après jour à l'homme du futur. L'écriture est une médiation entre les hommes. Jamais figée, car sujette à interprétations.

L'écriture est l'une des mémoires de l'homme.

La plume

 Si les hommes ont utilisé de nombreux outils au cours du temps pour écrire, la plume reste porteuse d'une symbolique forte en matière d'écriture. D'ailleurs, nombreux sont les écrivains publics qui l'utilise comme symbolique de leurs activités. D'autres ont choisi le clavier, plus moderne (et plus sérieux?) pour représenter l'acte d'écrire.

Quel que soit l'outil utilisé pour l'écriture manuscrite, caillou, stylet, pinceau, plume ou caillou, celui-ci est comme le prolongement de la main qui transcrit l'idée, la réflexion sur un support matériel, pour finir par devenir un objet indépendant, un document qui, s'il échappe à son créateur, fait survivre une part de sa pensée au-delà du temps et l'immortalise.

La plume symbolise à la fois l'acte de créativité par l'écrit et le processus, l'instrument de la transmission à autrui.

Origines

La création de ce symbole de l'arbre et de la plume est apparu comme une évidence à Michel, évidence qui échappe à toute forme de logique et de construction a priori. Elle est le fruit d'une intuition fulgurante, d'une vision. Elle s'est imposée à lui. "L'écriture, c'est comme la création. C'est une vie qui prend forme. Elle permet de transmettre des valeurs et des pensées. C'est une prolongation de l'âme, un support à la mémoire. Sans l'écriture, on peut perdre ses origines", explique Michel.  

Et quoi de mieux que l'arbre qui est un symbole de vie fort. Il est solide, se développe tranquillement et suit les cycles de la nature. Avec ses moments de repos en hiver, puis ses résurrections. Ainsi va l'homme avec ses pensées qui vont et viennent, avec ses états d'âme et ses grands et petits pas sur le chemin de la vie.

L'écriture est miroir de l'homme et de ses pensées. Miroir de son évolution. Miroir de sa vie.

Mais encore... et en vrac

Et puis l'arbre contribue à la fabrication du papier, l'un des supports à l'écriture. 

L'arbre, c'est la respiration, l'inspiration, l'aspiration à un idéal de lumière. C'est l'air qu'on respire. Ce sont de multiples branches qui se tendent vers le ciel, qui poussent sans plan préconçu et pourtant forment une image, une réalité harmonieuse et sereine.

Ce sont des racines qui poussent dans la terre en d'infinies ramifications. Des racines qui ancrent l'arbre à la terre, qui s'accrochent en cachette, qui se nourrissent de la réalité de la terre.

L'arbre, c'est le lien entre la terre et le ciel, entre la réalité et l'idéal. Comme l'écriture...

Et puis, la plume, c'est aussi l'oiseau qui niche dans cet arbre. L'oiseau qui voyage et dont la plume servira à écrire et imaginer des histoires de pays lointains, utopiques et imaginaires. La plume de l'oiseau, c'est la légèreté, la couleur et la beauté... qui permettait jadis à l'écrivant de concrétiser ses pensées et sa réalité.

Ecrit par Sylvie Guggenheim

Inspirée notamment par diverses discussions avec Michel, différentes lectures et un zeste de je ne sais quoi venu d'un ailleurs mystérieux...


(1) Source: Naissance des écritures, Michel Renouard, Editions Ouest-France, mars 2015

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